2012
Démocratie, Internet, Corse. J’étais l’été dernier au Lazaret Ollandini à Ajaccio à l’occasion des “rencontres Science et Humanisme 2011”. Le dernier jour Michel Serres intervenait. A un moment, il nous signalait que, concernant Internet, nous étions tous comme des nouveaux nés, bien incapables de prédire quel serait l’ampleur de son impact, en politique par exemple.
J’ai alors, in petto, fait l’exercice de prédiction. Pour rapidement conclure que l’avenir serait une “stracademisation” de la politique.
En gros des sondages permanents, des votes de popularité permanents, des décisions politiques issues de ces votes. C’est un peu comme si chacun “votait” à l’Assemblée Nationale. C’est assez effrayant. Mais serait-ce pire que ce qu’on a déjà ?
Le post de Mike White (en anglais) est révélateur des progrès techniques vers ce “nouveau monde politique”. On y notera en particulier l’expérimentation en cours dans le “Pirate Party”, cet étrange parti politique, initialement suédois, dont “liberté pour Internet” semble être le seul slogan fédérateur. http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_pirate_international
Anonymous, Occupy, Wikileaks, Avaaz, the Piraty Party… voilà de nouvelles formes d’invasion du terrain politique traditionnel. Ces phénomènes sont émergents, ils restent peu connus du grand public. Moins que la Star Academy, la “starac”.
Il n’est pourtant pas difficile d’imaginer ce qui se produira quand les deux phénomènes se percuteront, quand la “démocratie participative” dont parle les politiques s’incarnera non plus dans les syndicats et les partis mais d’une manière directe, immédiate, sujet par sujet, sur Internet.
Mais ce qui est inéluctable n’en est pas pour autant immédiat, ça prendra du temps. La querelle des anciens et des modernes semble vouloir se prolonger.
Comme disait Platon (ou Aristote ?) “Ah ces jeunes, ils veulent toujours des chevaux plus rapides”.
Ici, en Corse, la population vieilli, encore un handicap. Quoi que, un temps, le taux de pénétration de Facebook a dépassé celui des autres régions de France, joli paradoxe.
Mais, ici comme ailleurs souvent aussi, c’est le football qui mobilise le plus les foules… Gageons que pendant quelques temps encore les politiques sauront donner du pain et des jeux pour éviter l’explosion sociale dont nous pressentons le risque.
