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(via Les terres incultes en Corse - Agriculture - France 3 Régions - France 3)

Corse - on le sait peu mais en matière de terrain agricole inculte il existe une loi, que certains voudraient en matière de logements vacants, contraignant le propriétaire à louer son terrain (s’il ne veut l’exploiter lui-même).

Cette loi peut s’appliquer souvent en Corse, mais dans les faits ce n’est pas le cas. Pourquoi ?

C’est qu’il est bien difficile de déterminer le sens à lui donner, son “esprit”.

Différentes logiques s’affrontent s’agissant de mettre en valeur un territoire. Quand l’environnement évolue, la vocation de chaque parcelle peut évoluer elle aussi.

C’est ainsi que dans un cadre attrayant d’un point de vue touristique, la vocation d’une parcelle hier agricole peut changer. Elle peut par exemple devenir constructible ou à contrario être rendue à la nature pour rendre le paysage attrayant pour les visiteurs.

Chacun voit midi à sa porte et la loi est là pour réguler l’intérêt général quand il entre en conflit avec les intérêts particulier - mais de préférence en dernier recours, quand on a épuisé les autres possibilités et surtout, surtout, on l’oublie, quand il y a un trouble.

En l’occurence, de quel trouble parle t’on ? C’est celui des agriculteurs en zone touristique, de leur difficultés à survivre, de leur impossibilité à se développer en l’absence de terre.

Certes.

Mais ces agriculteurs ne sont qu’une composante de l’espace public, ils ont des intérêts particuliers, pas nécessairement compatibles, par endroit, avec l’intérêt général.

C’est donc au cas par cas que la situation doit s’évaluer, dans le contexte plus générale de la politique de développement du territoire concerné.

Evidément un terrain en friche choque l’oeil, on se demande s’il présente un potentiel gaspillé. On se demande parfois quels sont les motivations du propriétaire. On accuse parfois ces propriétaire de “spéculer”, c’est à dire de parier sur une version de l’avenir (ça c’est leur droit) et en même temps de manipuler abusivement le cours des choses pour augmenter leurs chances (ç’est moralement condamnable et souvent illégal).

Mais, dans une démocratie, la loi protège les faibles, elle n’est pas seulement là pour faire régner l’ordre.

Et on doit bien convenir que le nombre d’exploitants agricoles diminue de façon alarmante.

Deux écoles dès lors s’affrontent : l’une demandant de l’aide, avec à la clef une agriculture subventionnée, moribonde, à la limite de l’acharnement thérapeutique. L’autre demandant une évolution du cadre réglementaire, une redéfinition du status de l’agriculteur, plus flexible.

Chacun comprend que c’est la première école, celle de l’aide à outrance, qui occupe les esprits.

Avec quels résultats ? Rien de satisfaisant. On observe souvent des dérives inquiétantes où à la faveur d’ententes et de traffic d’influence, certains terrains, jackpot, deviennent constructibles, pendant que d’autres restent sans valeur.

Peut-être serait il temps de s’interroger avec un peu de hauteur de vue. Emettre par exemple l’hypothèse que les dérives, spéculation d’un coté, agriculteurs sous perfusion de l’autre, ces dérives seraient provoquées par les lois existantes, mal conçues, inapplicables, responsable des abus qu’elles rendent possibles.

Et si c’est le cas, nombreux le pense, il faut étudier ces lois, comment elles s’articulent, comment elles interagissent, comprendre l’origine des problèmes pour ensuite imaginer des solutions.

C’est complexe, le monde est complexe, on ne peut pas faire l’économie de cette complexité ; espérer des solutions simples est enfantin.

Tout ça pour dire que face à ce problème complexe, on peut sans beaucoup de risque parier que les remèdes seront pires que le mal. C’est quand on est au bord du gouffre que les solutions apparaissent, dirait Edgard Morin.

Avant ça, avant le gouffre, toutes sortes de comportements désespérés sont à craindre.

Invoquer aujourd’hui une loi conçue après guerre et jamais appliquée ici depuis, voilà je crois qui en dit long sur le désespoir des agriculteurs.

Le développement des villes, la concentration urbaine, s’observe partout dans le monde, elle répond à une logique implacable d’économie d’échelle. La forte densité démographique qu’elle implique est évidément incompatible avec l’agriculture qui réclame elle des espaces peu peuplés.

La conséquence est inévitable, les espaces argricoles s’éloignent des centres urbains.

Quel espoir ?

La solution crève les yeux. Puisque les agriculteurs sont à la périphérie, puisque les centres urbains sont économiquement inévitables, et bien faisons des routes, défrichons des zones hier inaccessibles (à pied, à dos d’âne) ou impossible à irriguer (sans pompe). Nous disposons de machines, utilisons les. Donnons de l’air aux agriculteurs asphixiés, sortons les de leur bocal.

Et pour ceux qui veulent rester, ne pas bouger, laissons les libres d’augmenter leur revenus non agricole, changeons le seuil actuel de 50% après lequel un agriculteur perd son statut.

Mais je rêve… Je fais l’enfant ;)

(via Les terres incultes en Corse - Agriculture - France 3 Régions - France 3)

Corse - on le sait peu mais en matière de terrain agricole inculte il existe une loi, que certains voudraient en matière de logements vacants, contraignant le propriétaire à louer son terrain (s’il ne veut l’exploiter lui-même).

Cette loi peut s’appliquer souvent en Corse, mais dans les faits ce n’est pas le cas. Pourquoi ?

C’est qu’il est bien difficile de déterminer le sens à lui donner, son “esprit”.

Différentes logiques s’affrontent s’agissant de mettre en valeur un territoire. Quand l’environnement évolue, la vocation de chaque parcelle peut évoluer elle aussi.

C’est ainsi que dans un cadre attrayant d’un point de vue touristique, la vocation d’une parcelle hier agricole peut changer. Elle peut par exemple devenir constructible ou à contrario être rendue à la nature pour rendre le paysage attrayant pour les visiteurs.

Chacun voit midi à sa porte et la loi est là pour réguler l’intérêt général quand il entre en conflit avec les intérêts particulier - mais de préférence en dernier recours, quand on a épuisé les autres possibilités et surtout, surtout, on l’oublie, quand il y a un trouble.

En l’occurence, de quel trouble parle t’on ? C’est celui des agriculteurs en zone touristique, de leur difficultés à survivre, de leur impossibilité à se développer en l’absence de terre.

Certes.

Mais ces agriculteurs ne sont qu’une composante de l’espace public, ils ont des intérêts particuliers, pas nécessairement compatibles, par endroit, avec l’intérêt général.

C’est donc au cas par cas que la situation doit s’évaluer, dans le contexte plus générale de la politique de développement du territoire concerné.

Evidément un terrain en friche choque l’oeil, on se demande s’il présente un potentiel gaspillé. On se demande parfois quels sont les motivations du propriétaire. On accuse parfois ces propriétaire de “spéculer”, c’est à dire de parier sur une version de l’avenir (ça c’est leur droit) et en même temps de manipuler abusivement le cours des choses pour augmenter leurs chances (ç’est moralement condamnable et souvent illégal).

Mais, dans une démocratie, la loi protège les faibles, elle n’est pas seulement là pour faire régner l’ordre.

Et on doit bien convenir que le nombre d’exploitants agricoles diminue de façon alarmante.

Deux écoles dès lors s’affrontent : l’une demandant de l’aide, avec à la clef une agriculture subventionnée, moribonde, à la limite de l’acharnement thérapeutique. L’autre demandant une évolution du cadre réglementaire, une redéfinition du status de l’agriculteur, plus flexible.

Chacun comprend que c’est la première école, celle de l’aide à outrance, qui occupe les esprits.

Avec quels résultats ? Rien de satisfaisant. On observe souvent des dérives inquiétantes où à la faveur d’ententes et de traffic d’influence, certains terrains, jackpot, deviennent constructibles, pendant que d’autres restent sans valeur.

Peut-être serait il temps de s’interroger avec un peu de hauteur de vue. Emettre par exemple l’hypothèse que les dérives, spéculation d’un coté, agriculteurs sous perfusion de l’autre, ces dérives seraient provoquées par les lois existantes, mal conçues, inapplicables, responsable des abus qu’elles rendent possibles.

Et si c’est le cas, nombreux le pense, il faut étudier ces lois, comment elles s’articulent, comment elles interagissent, comprendre l’origine des problèmes pour ensuite imaginer des solutions.

C’est complexe, le monde est complexe, on ne peut pas faire l’économie de cette complexité ; espérer des solutions simples est enfantin.

Tout ça pour dire que face à ce problème complexe, on peut sans beaucoup de risque parier que les remèdes seront pires que le mal. C’est quand on est au bord du gouffre que les solutions apparaissent, dirait Edgard Morin.

Avant ça, avant le gouffre, toutes sortes de comportements désespérés sont à craindre.

Invoquer aujourd’hui une loi conçue après guerre et jamais appliquée ici depuis, voilà je crois qui en dit long sur le désespoir des agriculteurs.

Le développement des villes, la concentration urbaine, s’observe partout dans le monde, elle répond à une logique implacable d’économie d’échelle. La forte densité démographique qu’elle implique est évidément incompatible avec l’agriculture qui réclame elle des espaces peu peuplés.

La conséquence est inévitable, les espaces argricoles s’éloignent des centres urbains.

Quel espoir ?

La solution crève les yeux. Puisque les agriculteurs sont à la périphérie, puisque les centres urbains sont économiquement inévitables, et bien faisons des routes, défrichons des zones hier inaccessibles (à pied, à dos d’âne) ou impossible à irriguer (sans pompe). Nous disposons de machines, utilisons les. Donnons de l’air aux agriculteurs asphixiés, sortons les de leur bocal.

Et pour ceux qui veulent rester, ne pas bouger, laissons les libres d’augmenter leur revenus non agricole, changeons le seuil actuel de 50% après lequel un agriculteur perd son statut.

Mais je rêve… Je fais l’enfant ;)

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